Au début du mois de juin, nous avons accueilli une délégation de chercheuses et chercheurs internationaux dans le cadre du projet NBSPLUS (Nature-Based Solutions Plus, soit « solutions fondées sur la nature (SFN) » en français). Pendant plusieurs jours, le territoire est devenu un véritable terrain de collecte de données, d’échanges et de réflexions autour des solutions fondées sur la nature, de la science citoyenne et de l’adaptation aux changements climatiques.

Nous sommes fiers d’avoir coorganisé et participé activement à ces activités, qui s’inscrivent directement dans notre mission de concertation, de mobilisation et de transfert de connaissances. Ces rencontres ont permis de créer des liens entre la recherche, les acteurs locaux et les communautés afin de mieux comprendre les enjeux du territoire et d’explorer des solutions adaptées aux réalités du bassin versant.

Un projet de recherche ancré dans les territoires

NBSPLUS est un projet de recherche international qui vise à mieux comprendre comment les espaces verts et bleus peuvent contribuer à la biodiversité, au bien-être humain et à la résilience des communautés. Le projet cherche à documenter et évaluer les bénéfices des SFN, tant sur le plan environnemental que social.

En misant sur des approches interdisciplinaires et participatives, NBSPLUS s’intéresse notamment à la relation entre les communautés humaines et leur environnement, ainsi qu’aux réponses possibles face aux enjeux climatiques comme les inondations et les périodes d’étiage.

Le bassin versant de la rivière du Nord, par la diversité de ses milieux et des enjeux qui s’y manifestent, constitue un terrain d’étude particulièrement pertinent pour ce type de démarche.

Des bioindicateurs pour mieux observer la santé des milieux naturels

Un atelier de formation sur les bioindicateurs s’est tenu au parc Richelieu, à Lachute, permettant à des acteurs locaux de découvrir des méthodes innovantes et accessibles pour évaluer la qualité de l’environnement.

Nous avons eu le plaisir d’y accueillir des chercheurs européens venus partager leur expertise :

  • Dr Luciana Zedda a présenté comment l’analyse des communautés de lichens peut servir à évaluer la qualité de l’air;
  • Dr Sebastian Höss a expliqué des techniques d’échantillonnage de l’eau, de la mousse, du sol et des biofilms permettant de mesurer la diversité des nématodes, des organismes indicateurs de la santé des milieux.

Ces approches, simples et accessibles, se prêtent particulièrement bien à des projets de science citoyenne. À terme, l’OBV souhaite agir comme agent facilitateur, en accompagnant les acteurs de l’eau du bassin versant afin de bâtir une communauté de citoyennes et citoyens scientifiques capables de documenter, dans le temps et l’espace, la qualité des milieux humides et hydriques.

Documenter la relation entre les citoyens et les espaces bleus et verts

Dans le cadre de NBSPLUS, une attention particulière est portée aux liens entre les communautés et leur environnement.

Un sondage citoyen mené sur la promenade riveraine du centre-ville de Saint-Jérôme a permis de recueillir des données sur l’utilisation des lieux, les bénéfices perçus en matière de santé et de bien-être ainsi que la connexion à la nature.

Au total, 27 personnes ont participé au sondage et 37 observations ont été réalisées au cours d’une journée complète. Les résultats contribueront à mieux comprendre comment les aménagements fondés sur la nature peuvent favoriser des milieux de vie plus durables, inclusifs et résilients.

Réfléchir collectivement aux enjeux

Deux ateliers participatifs ont permis de réunir des membres du conseil d’administration et de la permanence de l’OBV, ainsi que plusieurs représentant.e.s de la Table de concertation afin d’explorer les liens entre les enjeux du territoire, la gouvernance et les solutions d’adaptation.

Un premier atelier a porté sur l’utilisation d’outils de modélisation des systèmes afin de mieux comprendre les interactions entre les six problématiques priorisées du Plan directeur de l’eau (PDE). Le but de l’atelier se voulait d’explorer comment les systèmes d’analyse peuvent soutenir la gouvernance et les prises de décision, et ce, afin d’évaluer comment répondre aux différentes problématiques et comment les solutions basées sur la nature pourraient y être intégrées.

Les personnes présentes ont donc représenté visuellement les tendances des différentes problématiques, puis identifié des points de synergies et de compromis entre les objectifs du PDE. Ces échanges permettront d’alimenter les réflexions de l’équipe de recherche et de l’OBV sur les pistes d’intervention possibles.

Un second atelier a permis d’aborder plus spécifiquement les impacts des inondations et des changements climatiques sur les communautés locales. Les membres de la Table de concertation ont été invités à réfléchir à trois grandes questions :

  • Comment les inondations et les cycles hydrologiques changeants affectent-ils les communautés locales?
  • Quels groupes sont les plus touchés par ces changements?
  • Comment les communautés ont-elles historiquement vécu et répondu aux variations des cycles hydrologiques?

Grâce à une approche participative et visuelle, les participant.e.s ont pu partager leurs connaissances, perceptions et expériences afin d’alimenter une réflexion collective sur les enjeux du territoire et les pistes d’adaptation possibles.

Une tournée du bassin versant pour ancrer la recherche au territoire

En marge des ateliers, une tournée du bassin versant a été organisée avec l’ensemble des chercheuses et chercheurs impliqués dans le projet NBSPLUS.

Cette activité visait à ancrer les réflexions scientifiques dans des réalités territoriales concrètes, en visitant différents sites où des solutions fondées sur la nature sont déjà mises en place ou envisagées.

Les échanges ont notamment porté sur des enjeux liés aux inondations, à la biodiversité et à l’accès à la nature. Des arrêts ont été effectués à la rivière du Nord, à Mirabel, ainsi qu’au parc Richelieu, à Lachute.

Et maintenant ?

Le passage de NBSPLUS sur le territoire de la rivière du Nord marque une étape importante dans le développement de collaborations entre la recherche, les acteurs locaux et les citoyennes et citoyens.

Pour l’OBV rivière du Nord, ces activités confirment la pertinence de son rôle comme pont entre la science et le territoire, en facilitant le partage des connaissances et la mobilisation autour des enjeux liés à l’eau et aux milieux naturels.

D’autres activités de formation et de mobilisation en lien avec les solutions fondées sur la nature et la science citoyenne sont à venir. Restez à l’affût pour en savoir plus!


Le projet de recherche NBSPLUS est financé par Biodiversa+, le Partenariat européen pour la biodiversité, dans le cadre du projet NBSPLUS relevant de l’appel conjoint BiodivNBS 2023-2024, cofinancé par la Commission européenne (n° de subvention 101052342) et des bailleurs de fonds nationaux ; dans le cas présent, les travaux de SEI Tallinn ont été cofinancés par le Conseil estonien de la recherche.

Categories

Inscription à l’infolettre