Les tortues des Laurentides, des ambassadrices de nos milieux humides et hydriques

Des neuf espèces de tortues du Québec, cinq sont présentes sur le territoire des Laurentides:

  • La tortue peinte
  • La tortue serpentine
  • La tortue des bois
  • La tortue géographique
  • La tortue à oreilles rouges (espèce exotique)

Bien que les habitats de prédilection varient d’une espèce à l’autre, on observe un point en commun: toutes nos tortues passent la majeure partie de leur temps dans les milieux humides et hydriques.

De ce fait, elles sont d’excellentes espèces pour nous aider à mesurer l’impact des pressions anthropiques, comme la mauvaise qualité de l’eau et la dégradation des milieux naturels.

Le réseau routier: une trappe écologique pour les tortues

Au-delà de leur dépendance aux milieux humides et hydriques, les tortues ont également en commun le fait de devoir trouver un site de ponte en milieu terrestre. Chaque année, de la fin mai au début juillet (variable selon le climat annuel et l’emplacement géographique), les femelles partent à la recherche de milieux ouverts, dotés d’un sol meuble comme le sable ou le gravier, afin d’y pondre leurs œufs.

Tortue peinte se réchauffant sur la route

Malheureusement, ces caractéristiques se retrouvent fréquemment le long des accotements routiers, ce qui rend les routes particulièrement attractives… et dangereuses.En plus d’être un lieu utilisé pour la ponte, les routes, surtout celles asphaltées, permettent aux tortues de se réchauffer au soleil, une activité essentielle pour de nombreux animaux ectothermes (communément appelés animaux à « sang froid »).

Par ailleurs, le réseau routier a souvent été développé sans tenir compte des milieux naturels déjà existants, faisant en sorte que les animaux doivent régulièrement les traverser pour passer d’un habitat à l’autre, voire d’une partie à l’autre d’un même habitat.

Contrairement aux cerfs, les tortues ne bondissent pas soudainement sur la route. Toutefois, la vitesse des véhicules, combinée à leur petite taille et à leur déplacement lent, fait en sorte qu’on ne les aperçoit souvent que trop tard. Bien qu’un impact cause rarement des dommages aux véhicules, celui-ci est fréquemment fatal pour les tortues. Chaque déplacement comporte ainsi un risque élevé de blessures graves ou de mortalité.

Les tortues, comme nous, mettent de nombreuses années avant d’atteindre la maturité sexuelle. Chaque femelle décédée sur la route représente donc des années d’investissement biologique et un potentiel de futures générations perdues à jamais.

Quelques gestes qui peuvent faire la différence

Au-delà de ralentir et d’être particulièrement vigilant sur les routes, surtout au mois de juin, plusieurs gestes concrets peuvent être posés par les citoyens lorsqu’ils croisent une tortue sur le réseau routier.

Aider une tortue à traverser

  • Assurez-vous d’abord que la manœuvre est sécuritaire pour vous et les autres usagers de la route;
  • Approchez la tortue par l’arrière et prenez-la par la carapace avec vos deux mains. Dans le cas d’une tortue serpentine, qui peut causer d’importantes morsures, soulevez-la uniquement par la partie de la carapace près de la queue et faites-la avancer comme une brouette, ou utilisez une pelle pour la soulever légèrement;
  • Déposez toujours la tortue du côté de la route vers lequel elle se dirigeait, dans la végétation ou le fossé.

Signaler une tortue blessée

Si vous observez une tortue blessée, communiquez avec le Centre de réhabilitation d’Éco-Nature (450 622-1020, poste 286)

Contribuer à la science citoyenne

Vos observations peuvent également être précieuses pour la conservation des tortues. Il est possible de les signaler sur l’une ou plusieurs des plateformes de science citoyenne suivantes :

Categories

Inscription à l’infolettre