La qualité de l’eau influence la santé des écosystèmes, des usages récréatifs et de l’approvisionnement en eau potable. Plusieurs cours d’eau et lacs montrent des signes de dégradation: présence de contaminants, prolifération d’algues, baisse de la biodiversité.

Depuis maintenant plus de 15 ans, l’OBV rivière du Nord parcourt le territoire afin d’analyser les qualités de l’eau du bassin versant grâce au programme de suivi de la qualité des cours d’eau.

Mauvaise qualité de l’eau

Les données issues de la plateforme iEAU révèlent une dégradation progressive de la qualité de l’eau du nord vers le sud du bassin versant de la rivière du Nord. Depuis 2016, les stations de suivi montrent une diminution de l’indice de qualité bactériologique et physicochimique (IQBP), traduisant une augmentation des concentrations en coliformes fécaux, phosphore et azote.

Les lacs du territoire sont également touchés : la turbidité accrue, la présence de cyanobactéries et l’enrichissement en nutriments témoignent d’un vieillissement accéléré des écosystèmes aquatiques (eutrophisation).

Localisation sur le territoire

Dans le bassin versant de la rivière du Nord, la qualité de l’eau est généralement meilleure à la tête des cours d’eau qu’à leur exutoire. Cette dégradation progressive s’explique notamment par l’utilisation du territoire et la nature des sols des Basses-terres du Saint-Laurent, plus vulnérables à l’érosion et au transport des sédiments. Depuis 2010, le Programme de suivi de la qualité des cours d’eau de l’OBV rivière du Nord permet de suivre cette évolution et d’identifier les zones les plus sensibles.

Le bassin versant couvre près de 2 223km² et présente une forte densité urbaine au sud, environ 180 km² de terres agricoles et un taux d’imperméabilisation variant de 7,6 à 8,6%. On y retrouve 21 stations d’épuration, 129 ouvrages de surverses, de nombreuses installations septiques et plus de 450 barrages, principalement à vocation récréotouristique. Les secteurs les plus touchés se situent dans les zones aval, notamment la rivière du Nord entre Saint-Jérôme et Lachute, la rivière Rouge (secteur Saint-André) et plusieurs lacs en milieu résidentiel dense, dont les lacs Masson, Raymond et Saint-Joseph.

Consultez le portrait interactif et naviguez dans les différentes couches pour découvrir la quantité et la localisation des causes de la mauvaise qualité de l’eau.

Causes principales 

Les causes de la dégradation de la qualité de l’eau sont multiples et interreliées, découlant à la fois de processus naturels et d’activités humaines sur le territoire.

Les phénomènes naturels et physiques tels que l’érosion, le ruissellement, les inondations, la composition géologique et géochimique du territoire ainsi que les feux de forêt contribuent au transport ou à la présence de contaminants naturels et anthropiques dans les eaux de surface et souterraines.

La présence et la concentration d’animaux sauvages, notamment lors des périodes de migration, peuvent accroître la contamination microbiologique des cours d’eau par leurs déjections.

Les activités agricoles, notamment le travail des sols argileux, l’usage et l’entreposage d’engrais et de pesticides ainsi que la gestion des matières résiduelles, contribuent au ruissellement de polluants et à l’érosion, affectant directement la qualité de l’eau du bassin versant.

L’urbanisation, les réseaux routiers, les installations septiques défaillantes et les rejets municipaux d’eaux usées contribuent ensemble à l’apport de contaminants chimiques et bactériologiques dans les cours d’eau et les nappes souterraines du bassin versant.

Les activités industrielles du territoire, incluant les lieux d’enfouissement, les usines de pâtes et papiers, l’exploitation forestière et minière ainsi que les sites contaminés, génèrent divers rejets et sédiments pouvant contenir des métaux, des nutriments et des composés organiques qui dégradent la qualité des eaux de surface et souterraines.

Les activités récréotouristiques, incluant la villégiature, les véhicules tout-terrain, les stations de ski et les terrains de golf, contribuent à l’imperméabilisation des sols, au ruissellement, à l’érosion et à l’apport de contaminants (sédiments, nutriments, produits chimiques) dans les plans d’eau du bassin versant.

Les retenues d’eau artificielles, l’aménagement insuffisant des rives et les diverses utilisations du territoire contribuent à modifier les régimes hydriques et à accroître la vulnérabilité des plans d’eau à l’enrichissement en nutriments et à la contamination diffuse.

Conséquences 

Problématiques priorisées

La mauvaise qualité de l’eau fait partie des six problématiques prioritaires identifiées dans le Plan directeur de l’eau 2024‑2034. Pour en savoir plus, consultez les fiches diagnostiques. Celles-ci présentent le portrait et le diagnostic des enjeux liés aux ressources en eau sur notre territoire.

Des actions concrètes pour l’amélioration de la qualité de l’eau

Plusieurs projets menés sur le territoire visent spécifiquement à améliorer la qualité de l’eau. Ces projets sont réalisés en collaboration et concertation avec les acteurs de l’eau.

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Une solution innovante

Afin de répondre aux besoins des acteurs de l’eau, l’OBV de la rivière du Nord a développé VigieNord, une plateforme de science citoyenne qui permet de signaler et de géolocaliser facilement les problématiques liées à l’eau. L’outil contribue concrètement à: